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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 02:30



Le Jack l'éventreur du sud-est...!

 

 

voir aussi le billet:

Quand le juge est l'assassin! ...

 

Lors du printemps 1897, la population du sud-est de la France est terrorisée. Dix ans plus tôt, Jacques l'éventreur sévissait à Londres, à Whitechapel. La vie de Joseph Vacher débute le 16 novembre 1869 en Isère, à Beaufort, dans une famille de paysans qui compte 16 enfants ! Il en est le 14me, son frère jumeau meurt étouffé à l'âge d'un mois. Sa mère est un peu bizarre : très mystique, elle est sujette à des visions. Très tôt, Joseph Vacher se montre cruel et sournois, torturant les animaux, étant violent avec ses frères et soeurs, ayant des crises de folie furieuse incontrôlables. Il doit commencer à travailler à 14 ans, à la mort de sa mère. En 1884, un premier meurtre est découvert (un jeune garçon de 10 ans trouvé étranglé) dont on ne sait s'il est imputable à Joseph Vacher qui est âgé de 15 ans à l'époque.

 


 

 

 

 

Il entre chez les Frères maristes, des religieux qui le renvoient en 1887, pour attouchements sexuels sur ses camarades. Ses déviances sexuelles se poursuivent : il tente de violer un jeune valet de ferme en 1888 et finalement, c'est le corps d'une femme de 35 ans qui est découvert près de Beaufort : la tête est sectionnée... En automne, Joseph Vacher est employé dans une brasserie de Grenoble. Fréquentant les prostituées, il attrape une maladie vénérienne : on doit lui enlever un testicule alors qu'il n'a pas encore 20 ans. Sans doute à cause de toutes ces épreuves, le tempérament violent de Joseph Vacher est loin de se calmer. Il avoue avoir des envies de meurtre et être possédé par le mal. Il part à Lyon et rencontre des anarchistes : il est séduit par leur langage passionné et révolté. Il change sans cesse d'emploi, finissant toujours par être renvoyé tant son comportement est irritable, irrespectueux et menaçant. Il finit par errer de villes en villes. D'autres corps sont trouvés qui parsèment ses routes, tel celui d'une petite fille égorgée, éventrée et mutilée. Il est ensuite incorporé dans l'Armée à Besançon où il subit des vexations de la part des anciens. Son esprit s'évade alors dans une sorte de paranoïa systématique : tout le monde complote contre lui ou le jalouse...

 

Il y répond une nouvelle fois par la violence et les menaces. Etant jugé inapte au commandement, Joseph Vacher tente de se suicider en se tranchant la gorge : il obtient ainsi le grade de caporal. Commander lui plaît et il prend du galon en devenant sergent. L'armée le nomme dans une autre compagnie, son délire de persécution le reprend. Une déception sentimentale ne l'arrange pas et il reprend de plus belle ses crises, ses tentatives de suicide, ses menaces, ses cris... Bref, l'Armée le renvoie. Ses obsessions de meurtre le reprennent et il tente de tuer son ex-fiancée puis de se tuer une nouvelle fois avec un pistolet. Il survit cependant mais gardera une paralysie du côté droit de la face, son oeil droit rouge de sang et sa bouche se tordant, ce qui lui donnera un air assez terrible. Il est finalement interné à Dôle en 1893 où l'on diagnostique des crises de délire, des hallucinations et finalement Joseph Vacher est reconnu aliéné mental. Six mois après, il est transféré à l'asile Saint-Robert dans l'Isère.


http://pagesperso-orange.fr/remi.cuisinier/Vacher5.JPG

Émile Fourquet Juge de Belley (Ain) comprit
que c'était le même individu qui assassinait
 dans toute la France

 

On le déclare guéri au bout de 3 mois. Il sort le 1er avril 1894 et commet un meurtre (qu'il avouera) le 19 mai. Une jeune fille de 21 ans est étranglée, mutilée et violée à Beaurepaire dans l'Isère. Il reprend son errance dans le centre et le sud-est, vivant de la charité des paysans dans des granges ou des cabanes, en mendiant. Il finit par parcourir toute la France en vagabond, le plus souvent solitaire. En trois ans et demi, on compte une vingtaine de victimes étranglées, poignardées, égorgées, éventrées. Plus horrible encore, elles sont violées après leur mort et mutilées sexuellement.

 Toutes ces victimes sont des veuves, des jeunes femmes et des adolescents des deux sexes. Finalement, on commence par lier tous ces meurtres entre eux. Le procureur qui s'occupe de ces dossiers est persuadé qu'il a affaire à plusieurs tueurs.


 

Alexandre Lacassagne. Médecin criminologue.


 

Finalement c'est le juge Fourquet dans l'Ain qui a la conviction d'être en présence d'un « Jack L'Eventreur du Sud-Est ». Il obtient un portrait-type de l'assassin qu'il fait distribuer dans toute la région. En août 1897, Joseph Vacher est arrêté en Ardèche lors d'une tentative de viol avec arme (un couteau). Après 3 mois de prison, il est amené devant le juge Fourquet qui n'a de cesse de lui extorquer des aveux. Malgré un médecin qui veut faire passer Joseph Vacher pour un aliéné, le juge s'applique à démontrer le contraire. L'Etrangleur finit par avouer, donnant force détails à la presse pour qu'on parle de lui. Il avoue tous ses meurtres mais persiste à nier ceux qui concernent des fillettes.

 

 

 


 

 

La polémique enfle : faut-il considérer Vacher comme un fou ou comme un simulateur bien conscient de ses actes ? Quoi qu'il en soit, le procès de Joseph Vacher s'ouvre le 26 octobre 1898 à Bourg-en-Bresse en présence de la presse mondiale. L'accusé se comporte comme un dément, parfois émouvant, parfois terrifiant. Il est reconnu coupable à l'unanimité de meurtres avec préméditation, sans circonstance atténuante. Il est guillotiné le 31 décembre 1898 à l'âge de 29 ans, avec une trentaine de meurtres et une dizaine de tentatives de meurtres à son actif.




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Véritable « Jack l'éventreur » français, Joseph Vacher est considéré comme l'un des premiers tueurs en série français (du moins reconnu).

Né le 16 novembre 1869 dans une famille de l'Isère, ce fils de cultivateurs commence vraisemblablement sa carrière criminelle à 15 ans à peine, par le viol et le meurtre d'une enfant. Trois ou quatre crimes suivront, qui ne seront jamais élucidés (on soupçonnera Vacher dix ans plus tard, car il se trouvait dans la région à l'époque des meurtres).

Pendant son service militaire où il est envoyé dans un régiment de Besançon, il tombe amoureux d'une jeune domestique qui se moque de lui et de ses allures gauches. En 1892, libéré de la vie militaire, il la demande en mariage, mais face à son refus moqueur, il tente de l'abattre à coups de revolver avant de se tirer deux balles dans la tête.

Considéré comme psychiquement atteint (crises de paranoïa, hallucinations) il passe plus de six mois à l'asile de Dole, dans le Jura, où il est fort peu soigné. Il tente en outre à de multiples reprises de s'échapper de l'asile. Libéré (considéré comme guéri par les psychiatres), il passe par des crises de folie meurtrière au cours desquelles il viole, éventre, mutile des bergers et des bergères, en majorité des adolescents. Il échappe à toute enquête en se déplaçant beaucoup (jusqu'à 60 km par jour à pied).

Il traverse ainsi la France, de la Normandie au Tarn, via la Bourgogne et la vallée du Rhône, tuant et violant impunément pendant trois ans. Arrêté en 1897 en Ardèche, alors qu'il tente de violer une fermière, il est conduit à Belley dans l'Ain, où un juge a commencé l'instruction de l'affaire de « L'Éventreur du Sud-Est », alors que son emprise et ses errances passent pour l'essentiel par le nord-est de la France et la région du Rhône et de l'Ain.

Jugé dans une certaine hâte et sans tenir compte de ses graves antécédents médicaux (empoisonnement suivi d'une typhoïde), il est condamné à mort pour douze meurtres à l'âge de 29 ans seulement. On dit que la mort de son frère jumeau, alors qu'il avait un mois, a pu avoir un lien psychologique avec ses attitudes (volonté de tuer son double, ou bien croire que son double tuait et violait, orchestrait en quelque sorte l'esprit de Joseph Vacher). On peut le soupçonner d'au moins 31 viols (souvent post-mortem) et meurtres au total, meurtres qui pour la plupart était empreints d'une infinie violence (étranglement, membres ou tête coupés, séquelles physiques gravissimes). Il violait souvent ses victimes et a semblé avoir une prédilection pour les jeunes garçons de 13 ou 14 ans.

Le 28 octobre 1898, il est condamné à mort par les assises de l'Ain. Il est guillotiné à Bourg-en-Bresse le 31 décembre 1898 par le bourreau Louis Deibler (dont ce fut la dernière exécution, sa démission devenant effective le 2 janvier suivant).


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Pour sa dernière exécution, appuyé sur son célèbre parapluie, Deibler attend Vacher

 

 

sources:

http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://thinesclaude.wifeo.com/images/vacher3.jpg&imgrefurl=http://www.thinesclaude.com/affaire-vacher.php&h=408&w=566&sz=49&tbnid=vKMljhBULlmmIM:&tbnh=97&tbnw=134&prev=/images%3Fq%3DJoseph%2BVacher&hl=fr&usg=__tvFn8DWfD63EqKzSox6ZKnw53Ds=&ei=HXkTS9XwNtKJ4QaEqPGHBA&sa=X&oi=image_result&resnum=3&ct=image&ved=0CAsQ9QEwAg


 

http://pagesperso-orange.fr/remi.cuisinier/Vacher1.JPG

 

http://pagesperso-orange.fr/remi.cuisinier/vacher.htm

 

 

Bibliographie 

  • Alexandre Lacassagne, Vacher l'éventreur et les crimes sadiques (1899) Texte en ligne
  • Olivier Chevrier, crime ou folie, un cas de tueur en série au 19eme siécle: l'affaire vacher, édition l'Harmattan, coll. sciences criminelles, nov. 2006, 200 p., Paris
  • Jean-Pierre DELOUX, "Vacher l'Eventreur" (2000), éditions e-dite Histoire, ISBN 2-84608-026-7


Filmographie 



voir lefilm:



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Écrits d’un tueur de berger

Joseph Vacher




« Ce volume rassemble la grande majorité des écrits de Joseph Vacher, textes qu’il n’aura pas portés que sur le papier mais aussi sur les murs ou la neige. Il donne ainsi à lire pour la première fois réunis les Écrits de ce criminel célèbre ; ils ne contiennent aucune révélation, ne livrent pas une nouvelle facette de cette figure noire de la fin du XIXe siècle, mais ils montrent ce criminel constituer progressivement l’écriture en arme et tenter d’inverser grâce à elle le regard de ses contemporains. »

Philippe Artières

Édition établie et présentée par Philippe Artières.

Extrait des « Mémoires pour les médecins : Sa défense par lui-même (15 juillet 1898) » :

« Je m’acheminais donc dis-je vers mon beau-frère en passant par Beaufort dans cet état d’âme et de nature en révolte lorsqu’à un moment donné j’y rencontre sur mon chemin une jeune fille de 17 à 18 ans... A ce moment un espèce de fièvre et un tremblement nerveux me sési et bien que n’ayant aucunement l’intention de venir de Menton (frontières italiennes) commettre un crime aux portes de mon pays ; comme malgré moi ; à ma rencontre avec cette fille au moment ou cet accès de rage oui, mais de révolte, de fièvre et enfin de folie était arrivé à son...

Je me jette, tombe plus tôt sur cette fille et lui donne la mort hélas ! qui (il faut le croire...) l’attendait !

P.S. Si je l’ai violé c’est autant que je puis m’en souvenir sur ses instaences et l’espoir assûrément de calmer mon accès. C’est à partir de ce triste et déplorable moment là Mrs, que commense cette terrible vie errante et mystérieuse, ou je ne sai presque j’amis ou je vai... »

Joseph Vacher

Brève biographie de Joseph Vacher :

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Joseph Vacher

1869 - 16 novembre : naissance de Joseph Vacher à Beaufort, près de Beaurepaire (Isère), 14e d’une famille de 15 enfants.

1887 octobre : exclu de l’école des Frères maristes de Saint-Genis-Laval pour mauvaises mœurs.

1888 : travaille comme serveur dans une brasserie à Grenoble.

1890 : tirage au sort ; incorpore le 60e régiment d’infanterie de Besançon.

1891 : rencontre Louise Barrand dont il s’éprend.

1893 juin : tentative de meurtre sur Louise Barrand qui refuse de l’épouser ; retourne l’arme contre lui-même et se blesse grièvement à la tête.

1893 - 16 juin : interné à l’asile de Dôle ; « aliéné mental atteint de délire de persécution » ; reconnu irresponsable, non-lieu dans la tentative d’assassinat sur Louise B.

1893 - 21 décembre : transfert à l’asile de St-Robert (Isère) après plusieurs tentatives d’évasion.

1894 - 1er avril : sort guéri de l’asile de St-Robert.

1894 - 1897 : période d’errance et de voyage dans toute la France (Rhône-Alpes, Bretagne, Pyrénées...).

1896 : condamnation à Baugé (Maine-et-Loire) à un mois de prison pour coups et blessures.

1897 - août : arrestation pour « outrage aux bonnes mœurs » en Ardèche. Condamné à trois mois de prison.

1897 - octobre : transfert à la prison de Belley (Ain) à la demande du juge Fourquet qui enquête sur l’éventreur du Sud-Est. Vacher avoue une vingtaine d’assassinats avec viol sur de jeunes femmes et des adolescents depuis 1894.

1898 : incarcération de Vacher à la prison St-Paul de Lyon pour procéder à son expertise médico-légale. Les médecins experts concluent à la responsabilité légèrement atténuée de Vacher.

1898 - 26 octobre : ouverture du procès devant les assises de l’Ain à Bourg-en-Bresse.

28 octobre : reconnu coupable de meurtres avec préméditation sans aucune circonstance atténuante, à l’unanimité du jury. Condamné à mort.

1898 - 31 décembre : guillotiné à Bourg-en-Bresse (Ain).







 

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commentaires

Nicolas 04/12/2009 07:02


Bonjour,

Je viens de découvrir votre blog.
Je vous invite à visiter mes pages, je suis graphiste parti à Montréal depuis 2 mois.

Je vous souhaite une bonne continuation sur votre blog au demeurant intéressant à voir.

Bonne journée

Nicolas


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