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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 00:00

 

 

 

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Les glaneuses - Jean François MILLET

 

 

 

 

 ELEVES SANS MAITRE

 

 

 

Même si les opinions divergent à ce sujet, la paternité du vocable "Ecole de Barbizon "  revient au journaliste anglais David Croal- Thomson qui, au début du XXème siècle, écrivait: "Peut-être dira-t-on un jour, Ecole de Barbizon, pour baptiser ce rassemblement de peintres, comme l'on dit aujourd'hui, Ecole de Fontainebleau, pour les peintres de figure comme Le Rosso ou Le Primatice "

 

 

Comment expliquer l'extraordinaire renom de ce qui n'était encore au début du XIXème siècle, qu'un pauvre hameau rattaché à la commune voisine de Chailly-en-Bière ?

La naissance de Barbizon ne date pas d'hier. Tous les passionnés d'histoire locale ont déchiffré avec émotion Barbitio sur des capitulaires de Charlemagne remontant à 808, et il a fallu attendre la deuxième moitié du XIXème siècle pour que l'orthographe que nous connaissons aujourd'hui de ce village soit définitivement adoptée.

L'étymologie du mot emprunte certainement au vieux mot gaulois, Bar, sa première syllabe, dont on connaît tant d'utilisations dans notre pays, quand il évoque les barrières ou murailles entourant les villes -Bar-le-Duc, Bar-sur-Aube etc. ainsi en était-il des haies serrés d'arbres et d'arbustes qui ceinturaient le pays, le protégeant des incursions nocturnes des animaux de la forêt venant dévaster les potagers des pauvres chaumières de l'époque.

C'est le mot latin Bestiae pour bêtes qui par extension, est venu s'accorder au préfixe Bar, devenant ainsi Barbizon. Rien à voir donc avec les grands bovidés nord-américains qui illustraient nos livres d'enfance, ni avec ces généreuses barbes, si en vogue au siècle dernier, en particulier parmi la colonie artistique de Barbizon.

Plusieurs siècles allaient s'écouler avant que l'on entendit, à nouveau, parler de Barbizon. Le hameau, à l'écart de la grande voie romaine qui reliait la Méditerranée au nord de la France, souffrit peu des guerres de religion ou des grandes invasions, et même le conflit franco-prussien de la guerre de 1870, dérangeant seulement quelques peintres installés là, n'apporta aucun dommage aux bûcherons ou paysans qui vivaient abrités dans la quarantaine de feux du pays.

A quoi pouvait bien ressembler Barbizon à la fin de l'époque Napoléonienne?

Une seule et unique rue -la rue Grande actuelle -non pavée, qui se transformait en bourbier dès la mauvaise saison, en raison des nombreux passages de troupeaux que l'on menait chaque jour paître dans la forêt. Par temps de pluie une rigole serpentait au milieu de la rue, s'écartant parfois pour former de petites mares où barbotaient les canards ou autres pensionnaires des basses-cours.

De part et d'autre, d'humbles chaumières et quelques maisons construites avec ce grès si fréquent dans la région, pierre grise qui se prête mal à la taille, aux propriétés hygrométriques si particulières. Ces maisons étaient couvertes de tuiles du pays, mais les autres, les plus modestes, étaient plus coquettes avec les giroflées, ravenelles et autres fleurs qui poussaient sur le faîtages des toits de paille.

Parfois sur un long mur aux pierres disjointes, s'adossaient quelques bancs mal taillés dans ce même grès par les carriers de de la forêt toute proche. Souvent une large porte bétaillère, laissée ouverte, permettait d'apercevoir la cour d'une ferme, des instruments aratoires ou un tas de fumier sur lequel picoraient des poules.

Et les habitants dans tout cela?

Nous l'avons vu : c'étaient les bûcherons portant leur lourde cognée sur l'épaule, les tailleurs de pierre revêtus de leur blouse en coutil, les charbonniers qui carbonisaient le bois dans leur grand four, en plein air, et les paysans qui depuis des temps immémoriaux, arrachaient à la terre nourricière les secrets d'une nature universelle.

Les femmes portaient toutes comme coiffure la marmotte, avec les deux petites cornes du noeud qui faisaient saillie, ou bien un bonnet rond à ailes de dentelle, et le vêtement habituel se composait souvent d'une grande mante en molleton, bordée de larges rubans de velours noirs. Les hommes quand à eux, seulement le dimanche, portaient d'amples limousines rayées de couleurs claires.

C'était là, en vérité, un hameau de notre pays, sans histoire, un hameau parmi tant d'autres, où le chemin de la messe conduisait les épouses et leurs enfants à l'office dominical tandis que les hommes s'attardaient au cabaret de Chailly-en-Bière, pour vider quelques verres, au milieu des volutes de fumée que dégageaient pipes ou cigares.

Par quel extraordinaire le destin malicieux allait-il guider ce village de France -encore simple hameau -et le conduire sur les chemins d'une renommée universelle?

 

 

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Texte extrait du livre de Roger Karampournis « Barbizon, le Village des Peintres »
publié aux Editions Amatteis

 

 



 

 

  Un des précurseurs

 

 

Théodore Caruelle d'Aligny

(1798 - 1871)

 

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Ses membres fondateurs furent  

 

 

Jean-Baptiste Camille Corot

  (1796 - 1875)

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Théodore Rousseau

  (1812 - 1867)

 

 

 

Jean-François Millet

  (1814 - 1875)

 

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Charles-François Daubigny

  (1817 - 1878)

 

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Et bien d'autres artistes que nous aborderons dans le prochain chapitre.

 

A bientôooooot

 



 

 

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L'Angelus - Jean François MILLET

 

 

Actuellement et ce jusque fin 2010, BARBIZON fête le 150ème anniversaire de "L'ANGELUS" de Jean-François MILLET. Des peintres contemporains internationaux et de Barbizon mettront son oeuvre en vedette tout au long de l'année à Barbizon.

 

Pous plus d'informations, un petit coup d'oeil sur le site de l'Office du tourisme de BARBIZON.

 

 

 





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