Comme les blocs erratiques poussés par les glaciers, ce blog se laisse porter par le courant de la vie: en abordant l'actualité, l'humour, le cinéma, la BD, la photo, la littérature, la musique,...etc...sans ce prendre le choux.

(Uffholtz 1850 - Clermont-Ferrand 1926)
Aloÿs Claussmann est né à Uffholtz, dans le Haut-Rhin, en
1850. Elève de l’Ecole Niedermeyer, dans la classe d'Eugène Gigout, où il obtient ses premiers prix de piano et d'orgue, il remporte le Grand Prix du ministère des Beaux-Arts en 1872. L'année
suivante, il est nommé maître de chapelle de la cathédrale de Clermont-Ferrand, ville où il effectue toute sa carrière de compositeur et de musicien. Il succède à Lemaigre aux claviers du
grand-orgue en 1888, puis il fonde le conservatoire en 1909, le dirigeant jusqu'à sa mort survenue en 1926.
S'il a confié de nombreuses pages musicales au piano -il fut un excellent pianiste-, à la musique de chambre, à la musique vocale, c'est à l'orgue qu'il réserve l'essentiel et le plus
caractéristique de sa production, après environ 350 pièces, se situant pleinement dans la musique postromantique qu'il célèbre avec éclat mais encore avec sensibilité. Il glorifie l'instrument né
des mains de Cavaillé-Coll, cette facture dont il fait chanter les fonds amples et chaleureux, sonner les anches puissantes et briller les mixtures, ces lourds soleils.
L'origine alsacienne de Claussmann fait que sa musique constitue une synthèse très réussie des écoles française et allemande, dans laquelle on peut certes trouver Franck, dont l'influence est
certaine, et Schumann, mais qui possède une indiscutable personnalité. Elle peut se faire méditative, voire nostalgique, ou encore héroïque, parfois audacieuse sur le plan harmonique, elle n'en
reste pas moins toujours superbement construite, avec ses oppositions de claviers qui sont comme les échos entre les différents pupitres de l'orchestre symphonique.
Les pièces enregistrées sur le disque publié par Mandala ont été composées sur une période de presque trente années. L'évolution du langage est peu sensible ; Claussmann est avant tout fidèle, et
entend le rester, à une école et à un style, ne désirant pas vouloir être original à tout prix et suivre les modes et les courants. Il aime le travail bien fait, dans les grandes pages comme dans
les pièces plus modestes destinées à la liturgie, une écriture solidement architecturée, ce qui ne l'empêche nullement de s'affranchir de certaines règles, d'user, de temps à autres, de subtiles
modulations ou d'harmonies inhabituelles, de délaisser une certaine pudeur pour se livrer davantage et s'abandonner à un romantisme passager. Il aurait pu aisément obtenir une tribune parisienne
; il a préféré contribuer à l'épanouissement musical d'une ville de province, comme musicien et comme pédagogue. Ainsi qu'il est écrit dans Les Proverbes, "qui va honnêtement va en sécurité, qui
suit une voie tortueuse est démasqué".
Ont été recensées et identifiées 544 pièces au total : 350 pièces d'orgue, 110 pièces pour piano, 62 chants ou mélodies, 22 pièces de violon ou violoncelle. Henry Lemoine fut le principal éditeur
d'Aloÿs Claussmann de 1904 à 1924 ; la plupart des œuvres pour orgue y sont disponibles.
Son œuvre contribue, avec celles d'autres compositeurs, tels le strasbourgeois Marie-Joseph Erb, Emile Bourdon à Monaco, le lyonnais Edouard Commette, le chanoine Fauchard à Laval, pour ne citer
qu'eux, à forger en quelque sorte le chaînon manquant entre une musique d'orgue parisienne reconnue et célébrée et l'apport plus discret, mais indéniable, des petits maîtres de province à
l'élaboration d'un langage qui a fait le renom de notre école d'orgue française.
-Scherzo en si mineur, opus 10 (1892/94) '
-Méditation en si bémol, opus 56 n°2 (1912) '
-Fantaisie héroïque, opus 67 n°3 (1919) '
-Cavatine de Raff (transcription Aloÿs Claussmann - 1913) '
-Scherzo en ré majeur, opus 16 (1895) '
-Antienne, opus 16 (1895) '
-Messe pour orgue (5 extraits de 100 pièces pour orgue, op.66 - 1919)
Entrée•Offertoire•Elévation•Communion•Sortie '
-Minuetto en fa majeur, opus 10 (1892/94) '
-Toccata en la mineur, opus 64 n°3 (1919) '
Hervé Désarbre
Orgue John Abbey, Renaison, Loire
1 CD Mandala MAN 4927
distribué par Harmonia Mundi