Ben c'était pas triste en 1870. Fallait pas crier trop fort dans l'arière pays, auquel cas on était du festin. Pas autour de la table, non, mais sur la table, en
tant que...repas!
Résumé du livre
Nul n'est à l'abri de l'abominable. Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune aristocrate périgourdin, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la
foire de Hautefaye , le village voisin. C'est un jeune homme plaisant, intelligent, aimable et bon.
Il arrive à quatorze heures à l'entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible
?
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Geoges et René: le café trottoir,
les reporters Globe-trottoir les plus nuls de la planette...blog
- J'ai faim Georges, on pourrait se payer une grillade!
- Avec quoi, t'as de l'argent toi?
- Un peu
- Faut voir... allons y alors.
Un peu plus tard
- Tiens, à la radio hier y z'ont parlé d'un type qui s'était fait bouffer en 1870...
- Et où ça René?
- En France... en Périgord je crois...
- Le pays de la gastronomie: la truffe noire, le foie gras... hum! ça fait longtemps que j'ai pas mangé du foie gras truffé tiens...
- Ben là y z'ont pas mis de la truffe dans la grillade...pourtant y connaissaient tous le type, un bon gars paraît-il!
- Et c'est peut-être parce qu'il était bon qu'ils l'ont mangés!...
- ...et y l'ont battu avant...
- Fins gourmets je te dis, battre la viande avant de la manger pour l'attendrir...
- Tu te moques de moi là Georges!
- Bien sur...
....
-Ben c'était pas triste en 1870. Fallait pas crier trop fort dans l'arière pays, auquel cas on était du festin. Pas autour de la table, non, mais sur la table, en
tant que...repas!
....
- Fallait bien trouver un coupable à la crise!
.....
- c'est pas drôle...
- C'est pas drôle en effet, mais dis moi, c'est quoi la différence entre des types qui s'entretuent sur un champ de bataille en 1870, et une foule qui massacre un
type sur la place du village?
- Ben...ch'ai pas moi!
- Se massacrer sur un champ de bataille c'est légal et voulu par l'état, assassiner un type sur la place publique par une foule imbécile c'est un meurtre. Dans les
deux cas y a mort d'homme.Mais les conséquences pénales sont pas les mêmes pour les protagonistes... Sur un champ de bataille tu peux tuer autant de types que tu veux, et on te donne une
médaille, sur la place du village t'as pas le droit et tu finis sur l'écafaud.
- Celà pourait-il se reproduire de nos jours?
- J'en sais rien...mais ça se pourrait bien...si la crise continue...faudra bien manger quelque chose...
- Pourquoi tu me regardes comme ça?...tu me fouts la trouille...
- Tinquiètes, j'ai plus faim
- Que dire de plus?
- Rien René rien...
Présentation de l’éditeur
Nul n’est à l’abri de l’abominable. Nous sommes tous capables du pire ! Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune périgourdin, sort du domicile de ses
parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. C est un jeune homme plaisant, aimable et intelligent. Il compte acheter une génisse pour une voisine indigente et trouver un
couvreur pour réparer le toit de la grange d un voisin sans ressources. Il veut également profiter de l'occasion pour promouvoir son projet d’assainissement des marais de la région.
Il arrive à quatorze heures à l’entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle
horreur est-elle possible ? Comment une population paisible (certes angoissée par la guerre contre l Allemagne et sous la menace d une sécheresse exceptionnelle) peut-elle être saisie en
quelques minutes par une telle frénésie barbare ? Au prétexte d une phrase mal comprise et d une accusation d espionnage totalement infondée, six cents personnes tout à fait ordinaires vont
pendant deux heures se livrer aux pires atrocités. Rares sont celles qui tenteront de s interposer. Le curé et quelques amis du jeune homme s’efforceront d arracher la malheureuse victime des
mains de ces furieux et seule Anna, une jeune fille amoureuse, risquera sa vie pour le sauver.
Incapable de condamner six cents personnes d un coup, la justice ne poursuivra qu une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront
envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n auront qu’une seule réponse : « Je ne sais pas ce qui m a pris. »
Histoire
Il s'agit d'un cas assez unique dans l'histoire contemporaine en France. Le 16 août 1870, c'est jour de foire à Hautefaye. Un jeune noble du coin, Alain de Monéys,
vient y chercher une génisse. Il habite près de Bretanges dans le domaine familial. La France est alors en guerre avec la Prusse et les troupes de Napoléon III sont en pleine débâcle ; dans
le Périgord ultra-bonapartiste, la nouvelle fait rage.
Le cousin d'Alain de Monéys, Camille de Maillard, républicain convaincu, prend plaisir à se jouer des paysans présents en nombre sur le foirail, en lançant un
« Vive la République » à la foule en colère qui se retourne contre lui. Camille réussit tout de même à s'échapper, aidé de ses métayers mais la rumeur circule en ville que son cousin,
Alain, est au village et qu'il est forcément aussi « une vermine détournant l'argent des honnêtes paysans pour l'envoyer aux Prussiens ». La rumeur enfle. C'est sur ces accusations
infondées que sera massacré le jeune Alain par au moins deux cents personnes qui, tout en allant boire à l'auberge, revenaient rouer de coups le jeune homme qui ne cessera de crier tout au long
de son supplice : « Vive l'Empereur ! ». Rien n'y fera. Même le courage du curé et des métayers de monsieur de Monéys, ne permettront pas de le soustraire à une foule en
liesse, avide de sang, désireuse de commettre un sacrifice pour calmer sa fureur, née de la peur de l'envahisseur. Après avoir été frappé, sanglé comme un cheval, avoir pris des coups de bâtons,
de fourches, de crochets de boucher, il sera finalement, alors qu'on assemble à la va-vite du bois et des meubles, brûlé vif sur la place dite du « Lac désséché » par ses principaux
concitoyens, dont l'âge allait de quatorze à soixante ans.
En décembre 1871, lors du procès qui se tient à Périgueux, on comptera dix-neuf condamnés, dont quatre à la peine capitale, lesquels seront exécutés sur la place
d'Hautefaye. Le village dut à ce massacre son surnom de « village des Cannibales » car, durant la crémation d'Alain de Monéys, certains auraient pris de sa graisse encore bouillante,
l'étalant sur des tartines de pain (anecdote non prouvée). Le nom du village fut un temps condamné à disparaître et ses habitants frappés d'infamie.
Le point de vue de l'historien de la commune
Faits historiques : été 1870 Une foire se déroule dans ce petit village de 409 habitants, en ce jour, du 16 août 1870. La foule est immense. Parmi tous ces gens, se
trouve monsieur De Moneys d'Ordières, un noble propriétaire du château de Bretanges, un des personnages les plus considérés dans le pays. Une personne inconnue, venue de la Charente toute proche,
aurait répandu le bruit dans le champ de foire que monsieur De Moneys avait crié : " Vive la République ! A bas l'Empereur ", et qu'il faisait passer de l'argent à la Prusse. Bientôt, un nombre
considérable d'hommes, armés de bâtons, assaillit monsieur de Moneys, le saisit, le frappa et le conduisit au fond du village, à 200 mètres du foirail en criant : Vive l'Empereur, Vive la France
! Des habitants de Hautefaye se portèrent au secours de monsieur De Moneys. Mais, la foule furieuse l'atteignit de nouveau et un grand nombre d'individus le frappa à coups de bâtons. Monsieur le
Maire le fit entrer dans une étable à brebis et ferma la porte. Les assaillants l'ouvrirent, s'emparèrent de monsieur De Moneys, le dépouillèrent de ses vêtements, le frappèrent de nouveau, le
traînèrent mourant près du champs de foire, le déposèrent dans une mare desséchée, le couvrirent de fagots de bois et y mirent le feu. Monsieur De Moneys est mort dans les flammes, complètement
calciné. Cinq arrestations ont été opérées dans la nuit. Fin août, 25 suspects sont emprisonnés. Le 10 novembre 1870, le pourvoi en cassation des accusés est rejeté. Le 21 décembre 1870, une
foule envahit le Palais de justice de Périgueux pour le procès des 21 accusés qui comptent dans leurs rangs des vieillards et des enfants. 4 accusés dont condamnés à mort, 9 aux travaux forcés, 5
à un an de prison et les 2 plus jeunes acquittés. 3 des condamnés à mort n'habitaient pas la commune de Hautefaye. A 8 heures et demie, le 6 février 1871, le couperet fait tomber les 4 têtes sur
la petite place de Hautefaye.
Le délire collectif est incontrôlable et de toute façon, les massacreurs sont convaincus d’accomplir un acte patriotique en débarrassant la France d’un traître. Le
supplice d’Alain de Monéys dure un peu plus de deux heures.
Le maire du village, témoin de la scène et totalement dépassé, se serait laissé aller à dire : "Mangez-le si vous voulez !" On dit aussi qu’alors, certains acteurs du drame auraient recueilli sur
des tranches de pain du gras qui s’écoulait de l’homme au bûcher, et auraient mangé ces terribles tartines. On dit bien des choses sur l’épouvantable crime de Hautefaye.
Les principales questions sont : pourquoi là ? Pourquoi eux ? Pourquoi lui ?
History
On August 16, 1870, France was soon losing a war
against Germany. Less than three weeks later, Emperor Napoleon III would be captured by the enemy and his regime immediately overthrown by a self-proclaimed Government for National Defence. At
that precise moment, rural France, which had largely been faithful to Napoleon I and welcomed his nephew, was very nervous.
During a fair at Hautefaye, somebody started a rumour accusing a young nobleman named Alain de Monéys of having betrayed the Emperor and the Nation. Both claims
were in fact false, as Monéys was not a Republican and his patriotism was spotless, but a crowd gathered around him. The parish priest did try to calm the mob by offering drinks to divert their
attention but, however well-meaning the effort may have been, it probably only helped get the crowd even more inebriated than they already were and therefore more dangerous. The mayor, unable to
show leadership in the face of such excitement, is reported to have said "Eat him if you like". Monéys was battered and tortured for two hours. The crowd finally burnt him on the village square,
probably still alive. People taking part in the killing collected fat dripping from his burning body onto bread, eating the resulting tartines (the latter fact has not been proved as
historical).
On February 6, 1871, four of the twenty-one
people found guilty for the murder of Monéys were guillotined on the Hautefaye village square.
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