Comme les blocs erratiques poussés par les glaciers, ce blog se laisse porter par le courant de la vie: en abordant l'actualité, l'humour, le cinéma, la BD, la photo, la littérature, la musique,...etc...sans ce prendre le choux.
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Patrick Zachmann a rejoint Magnum en 1985.
Il se consacre à des reportages au long cours, qui mettent au jour la complexité des communautés dont il questionne l'identité et la culture.
A l'issue d'un projet personnel sur l'identité juive, il publie en 1987 Enquête d'identité. En 1989 l'ensemble de son travail est récompensé par le prestigieux Prix Niépce.
Patrick Zachmann poursuit une étude de la diaspora chinoise à travers le monde, qui engendre en 1995 la publication du livre W. ou l'œil d'un long-nez. Entre 1996 et 1998, il réalise le court-métrage La Mémoire de mon père, puis le long-métrage sur la disparition des traces de la mémoire, notamment au Chili, Allers-retour.
En 2006, il a entamé un nouveau projet en Chine, qu'il appelle Confusions chinoises. Il réalise de 2006 à 2008 à Marseille, Bar Centre des autocars, un film sur ce que sont devenus dix jeunes en difficulté qu'il avait connu et photographié il y a vingt ans. L'ensemble de son travail sur la banlieue et l'immigration sur une période de 25 ans est exposé à la Cité nationale d'histoire de l'immigration , à Paris (mai à octobre 2009).
Patrick Zachmann vit à Paris.

Il y aura vingt ans exactement cette nuit, le sang coulait au cœur de la capitale d'un pays que, durant une décennie pourtant, le monde avait regardé s'adonner avec frénésie aux réformes. La Chine venait de connaître six semaines où le cours de l'histoire avait débordé, dépassant tout le monde, le pouvoir comme le camp prodémocratique.
Tout a commencé le 15 avril 1989, avec l'annonce de la mort du réformateur Hu Yaobang, dont la popularité n'a cessé de grandir depuis qu'il avait été limogé deux ans auparavant. Des étudiants se rendent alors en grappes pour lui rendre hommage devant le monument aux héros place Tiananmen. Ils ne veulent pas renverser le régime, juste obtenir une réaffirmation de la réforme politique. Le 20 avril, ils sont des milliers à se rendre devant l'entrée de Zhongnanhai, la «nouvelle cité interdite» des barons communistes, pour demander la «réévaluation du rôle de Hu Yaobang», plus de liberté d'expression et moins de corruption. Devant l'absence de réponse, hormis quelques coups de matraque, le mouvement va se structurer. Dans les universités, les étudiants créent des associations autonomes pour remplacer les unions officielles liées au Parti.
L'ordre est donné le 3 juin de nettoyer la place à tout prix. Mais les consignes stipulent que le sang ne coule pas sur Tiananmen. De fait, la plupart des morts seront à déplorer dans les avenues adjacentes ou dans différents quartiers de la capitale. Lynchages de soldats, tirs contre des barrages humains de civils, la violence court avec la nuit qui avance. «Avec mon mari, nous avons cherché notre fils Wu Xiangdong toute la nuit, raconte Xu Jue, une adorable femme de 70 ans, qui était géographe chercheur à l'époque. On a vu une foule se déchaîner contre un soldat. Je n'ai pas compris. Et puis j'ai vu ces mêmes soldats abattre un rang entier de manifestants qui barraient la rue. Je ne comprenais plus rien. C'était terrible.» Après avoir couru tous les hôpitaux, le couple ne retrouvera son fils qu'au petit matin. Mort, son cadavre aligné auprès d'autres dans le garage à vélos de l'hôpital. Il avait 21 ans.
Aujourd'hui, avec bien d'autres «mères de Tiananmen», Xu Jue a écrit son histoire, archivée sur un site américain «pour que la mémoire ne meure pas». Elle montre la chemise que portait son fils à Tiananmen, bardée des signatures de ses amis. Son testament, aussi, écrit le 20 mai, quand la loi martiale a été instaurée. «Mes chers parents, pardonnez-moi si je ne suis pas très obéissant, a écrit le jeune homme, mais ce que je fais est digne de mon nom chinois». Officiellement, la «tempête politique» de mai 1989 a fait 241 morts. Xu Jue ne demande aujourd'hui que trois choses : que la vérité sur les faits et le bilan des victimes soient rétablis, que l'on dise officiellement qui a donné l'ordre de tirer et qu'une indemnité soit donnée aux familles, «pas pour l'argent, mais pour le principe». Et que l'État de droit et la liberté d'expression ne soient pas aussi en retard sur le développement économique. «L'année dernière, j'ai voulu aller me recueillir sur la tombe de Zhao Ziyang, dit-elle, six policiers m'ont arrêtée et emmenée dans une voiture. Un grand pays peut-il traiter comme cela une femme âgée, dont le seul crime est d'avoir perdu son fils il y a vingt ans ?»
Des centaines de milliers de Chinois réunis sur la place Tian'anmen, 2 juin 1989
Tian’anmen et son massacre… déjà vingt ans ! Les téléspectateurs de plus de trente ans se souviennent encore des images
exceptionnelles qui nous sont parvenues de Pékin durant le printemps 1989. Il y eut d’abord des rassemblements « bon enfant » sur la place Tian’anmen, des gerbes de fleurs
offertes à l’ancien Secrétaire du parti Hu Yaobang, mort le 15 avril, dont tous avaient admiré les initiatives réformistes et son désir d’atténuer les souffrances des plus démunis.
PÉKIN CORRESPONDANT
Il est généralement convenu de penser que les jeunes étudiants chinois ont oublié le massacre de Tiananmen - vingt ans après l'événement du 4 juin 1989 - perpétré contre leurs camarades de l'époque.
Dans cette Chine dont le régime a su tirer de la pauvreté une partie de la population et qui est devenue un acteur essentiel de la scène internationale, l'enthousiasme pour les idéaux démocratiques des étudiants de 1989 semble-t-il incongru aux jeunes Chinois d'aujourd'hui ?
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CHINE - Le pouvoir craint des manifestations, alors qu'approche le 20e anniversaire de la répression sanglante contre les étudiants...
Philippe Paquet
Mis en ligne le 03/06/2009
Tian’anmen, pour ceux qui avaient l’âge de vivre ou de suivre cet événement, fut un épisode capital dans l’histoire de la Chine contemporaine, un moment d’espoir ou d’illusion, un point de rupture. Pour la jeune génération, pour les Chinois qui ont vingt ans aujourd’hui, qui fréquentent l’université et se préparent à exercer un métier intéressant et lucratif dans la Chine "des réformes et de l’ouverture au monde", Tian’anmen ne parle pas beaucoup plus que la Révolution culturelle ou la guerre civile. Le printemps 1989, la terrible répression dans la nuit du 3 au 4 juin, c’est du passé lointain, si pas de la science-fiction.
REUTERS/Bobby Yip
Un homme observe l'une des images historiques de la répression des manifestations de la place Tiananmen, dans d'une exposition retraçant les événements de l'époque, à Hong Kong.
Il y a vingt ans, les manifestations de la place Tiananmen étaient réprimées dans le sang. Retour en images sur 3 mois qui ont fait l'histoire, avec les archives de l'INA.
Les débuts du mouvement
Le 15 avril, l'ancien Secrétaire général du parti communiste chinois, Hu Yaobang, meurt d'une crise cardiaque. Rapidement, les étudiants font de l'ex-dirigeant réformiste -limogé par Deng Xiaoping en 1986- le symbole de leur contestation.
L’histoire d’une image.
A Pékin le 5 juin 1989 au lendemain des massacres de la place Tienanmen, un homme, chemise blanche, deux sacs plastiques à la main, immobilise un char.
Quatre photographes immortalisent cet instant, devenu un symbole mondial de l’opposition pacifique.
Adrien GOMBEAUD, journaliste et critique de cinéma.
IL raconte l’histoire de cette image dans ce livre « L’homme de la place Tiennamen » publié dans la collection Médiathèque au édition du Seuil.