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Comme les blocs erratiques poussés par les glaciers, ce blog se laisse porter par le courant de la vie: en abordant l'actualité, l'humour, le cinéma, la BD, la photo, la littérature, la musique,...etc...sans ce prendre le choux.

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Les écrivains arabes [2]: Averroès, 1126-1198.


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Fichier:AverroesColor.jpg
détail de la toile du XIVe siècle, Triunfo de Santo Tomás,
 de Andrea de Bonaiuto.



Averroès, Philosophe Arabe
du XIIe Siècle


de son nom complet Abū l-Walīd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad ibn Rušd
أبو الوليد محمد بن احمد بن محمد بن احمد بن احمد بن رشد




     Abu'l-Walid Muhammad ibn Rouchd de Cordoue (né en 1126 - année supposée de sa naissance - à Cordoue en Andalousie, actuelle Espagne - mort le 10 décembre 1198, à Marrakech, actuel Maroc), dit Ibn Ruchd, plus connu en Occident sous son nom latinisé d'Averroès, et de son nom complet Abū l-Walīd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad ibn Rušd أبو الوليد محمد بن احمد بن محمد بن احمد بن احمد بن رشد , est à la fois un philosophe, un théologien islamique, un juriste, un mathématicien et un médecin musulman andalou du XIIe siècle.

     Son œuvre est reconnue en Europe Occidentale de laquelle il est, d'après certains, comme le spécialiste Alain de Libera, pour ses commentaires sur Aristote, "un des pères spirituel."[1] Certains vont jusqu'à le décrire comme l'un des pères fondateurs de la pensée laïque en Europe de l'Ouest.

     Son ouverture d'esprit et sa modernité déplaisent aux autorités musulmanes de l'époque qui l'exilent comme hérétique et ordonnent que ses livres soient brûlés. Il demeura profondément méconnu jusqu'au XIIIe siècle qui commence deux ans après sa mort, où son importance fut cependant minimisée. Ce n'est qu'actuellement que les historiens de la philosophie reconnaissent son importance. Il commenta abondamment et brillamment les œuvres d'Aristote : aussi les théologiens latins le nommait-ils le Commentateur.

Dans sa philosophie, Averroès allia aux doctrines d'Aristote celles de l'École d'Alexandrie sur l'émanation, et enseigna qu'il existe une intelligence universelle à laquelle tous les hommes participent, que cette intelligence est immortelle, mais que les âmes particulières sont périssables.



BIOGRAPHIE


    Averroès est initié très tôt par son père, cadi (juge) de la ville, à la jurisprudence et à la théologie. Il étudie ensuite la physique, la médecine, l’astrologie, la philosophie et les mathématiques.

     Sa vie mouvementée se partage alors entre Cordoue, Marrakech et Fès. Magistrat influent, il réforme l’administration de la justice à Marrakech. Il devient le médecin attitré de princes influents et échappe ainsi, grâce à sa fonction, aux ennuis que lui valent ses partis pris philosophiques. Il rédige un traité de médecine (Colliget , en latin), qui lui apporte la notoriété.

     Mais ce sont ses commentaires sur Aristote qui le rendront célèbre. Il consacre toute sa vie à l’oeuvre du philosophe grec. Il cherche à en retrouver le sens originel en la débarrassant de toutes les interprétations faites jusque-là. Il se l'approprie avec assez de pénétration et de puissance pour construire un système qui porte sa marque personnelle. C'est à la question de l'origine des êtres qu'il s'intéresse le plus. Selon lui, Aristote prétend que rien ne vient du néant et que ni la forme ni la matière ne sont créées. Le mouvement serait éternel et continu : c'est la doctrine de l'éternité de la matière. Il distingue en l'homme l'intellect passif et l'intellect actif. Celui-ci se situerait au-delà de l’individu : il lui serait supérieur, antérieur, extérieur car il serait immortel. L'immortalité serait un attribut de l'espèce et non de l'individu. Cette distinction conduit Averroès à séparer radicalement raison et foi, les lumières de la Révélation n’étant accessibles qu’à l’intellect actif; Thomas d’Aquin, en revanche, cherchera à les réconcilier, fondant la théologie comme science rationnelle.

     Ces doctrines philosophiques soulèveront des débats passionnés dans le monde chrétien et trouveront presque autant de disciples que d'opposants. La tendance à séparer la raison et la foi comme relevant de deux ordres de vérité distincts risquait de ruiner les efforts de ceux qui voulaient au contraire concilier, à travers Aristote, le savoir profane et la foi révélée. Les principes d'Averroès considérés comme dangereux seront finalement condamnés par l'Église en 1240, puis en 1513. C'est dire l'influence considérable du philosophe arabe en Occident, notamment dans les écoles médiévales.

     Condamné en son temps par la religion musulmane qui lui reproche de déformer les préceptes de la foi, Averroès doit fuir, se cacher, vivre dans la clandestinité et la pauvreté, jusqu'à ce qu'il soit rappelé à Marrakech, où il meurt, réhabilité, en 1198.







http://classes.bnf.fr/dossitsm/gif/im128-14.gif


Ibn Rusd dit Averroès, Talhis kitab al-nafs
(Commentaire moyen sur le Traité de l’âme d’Aristote) Parchemin. Copie reproduisant le texte arabe en caractères hébreux, Saragosse, 1402.
Paris, BnF.




Transcription en hébreu d’une œuvre du philosophe aristotélicien musulman Ibn Rusd (dit Averroès)

Cette belle copie aragonaise des Commentaires d’Ibn Rusd (1126-1198) sur Aristote (De la génération et de la corruption, Des météores, De l’âme et Du sens et du sensible) fut exécutée pour Don Judah ben Salomon ibn Lavi de la Cavalleria, ministre de trois rois et fin lettré, qui accueillait poètes, philosophes et érudits dans sa demeure, où ils profitaient d’une riche bibliothèque.

 

 

 

 

Philosophie:

Fichier:Bnf lat16151 f22.jpg
Commentaire sur De Anima,
manuscrit français, troisième quart du XIIIe siècle




    L'extraordinaire et vaste culture d'Averroès va lui permettre de donner un statut et un rôle très précis à la philosophie, au côté de la religion. Son point de vue extrêmement élaboré et profondément aristotélicien va constituer un chef-d'œuvre de cohérence.

     Philosophe, médecin, astronome, il est aussi cadi, c'est-à-dire homme de loi, juge. Et c'est sur le terrain juridique que le cadi de Séville va porter la première offensive contre les détracteurs de la philosophie. Le chef de file de ces derniers ayant vécu un siècle plus tôt et à l'autre extrémité du monde musulman, c'est à Al-Ghazali qu'ibn Rushd va pourtant répondre. L'ouvrage d'al-Ghazali, le Tahafut al-falasifa (incohérence des philosophes) est comme une référence pour le mysticisme musulman et est précisément celle des ash'arites qui sévissent en Andalousie à l'époque d'ibn Rushd.

     Avec le Kitab fasl al-maqal (livre du discours décisif), il répond d'une manière totalement nouvelle à un très ancien problème que l'on retrouve dans le sous-titre de l'ouvrage : celui de la « connexion entre la Révélation et la philosophie ». Expérience inédite, la réponse est placée sur le terrain juridique, celui de la science de la Loi musulmane : Ibn Rushd ancre la philosophie dans la réalité sociale. Il s'agit de fonder en droit l'existence du philosophe dans la cité musulmane, ce qui aboutit à cet évènement singulier dans l'histoire : la philosophie se trouve ainsi légitimée aussi bien aux yeux du droit de la société, qu'à ceux de la loi religieuse.

     Ainsi, ibn Rushd constate que le Coran s'adresse à tous les musulmans : aussi bien de faible que de haute culture. Le caractère universel de la Révélation ne saurait précisément être universel s'il ne s'adressait pas à eux selon leur niveau de culture. Il y a le sens premier, simple et imagé pour le commun des mortels et un discours plus soutenu ; il arrive qu'une contradiction apparaisse entre ces deux types d'énoncés et c'est précisément là que doit intervenir la philosophie : le philosophe, par le raisonnement, doit déceler le sens profond, caché du Texte.

     Ibn Rushd va pouvoir donner à la philosophie, dans une fatwa, son caractère « obligatoire », comme le veut la Loi musulmane. Ne pas éclairer le Texte par une réflexion philosophique serait nuire à la Foi du Fidèle.

     Dans le Tahafut al-Tahafut (incohérence de l'incohérence), l'ouvrage d'al-Ghazali est critiqué point par point, les propos sont sanctionnés par une fatwa qui les caractérise comme « blâmables », et la philosophie d'Aristote restaurée dans sa plus pure version. Averroès a toujours mis en avant le fait de comparer le monde où il vivait et la religion qu'il devait respecter pour être en accord avec l'importance de l'islam durant son époque.









http://agora.qc.ca/mot.nsf/2e730dc630aec62a852568720068fc07/85256b2b000375cc8525676200549bf2/PersPortrait/0.B0?OpenElement&FieldElemFormat=jpg
cliquer sur l'image pour aller sur le site
 de l'encyclopédie de l'Agora




Œuvres de Averroès

Oeuvres principales

Colliget
Grand commentaire


Autres

- Ibn Rochd (Averroès), L'accord de la religion et de la philosophie: traité décisif, Arles, Sindbad, 1989. - 70 p. (La bibliothèque de l'Islam)
- Discours décisif - édition bilingue. Paris, Flammarion, 1996. - 247 p. (Garnier Flammarion (GF); 871). Traduction de Marc Geoffroy, introduction d'Alain de Libera.
- L'intelligence et la pensée: commentaire du De anima d'Aristote, Paris, Flammarion, 1998. - 405 p. (GF; 974). Traduction de Marc Geoffroy, introduction d'Alain de Libera.
- L'Islam et la Raison, Paris, Flammarion, 2000 (GF). Traduction de Marc Geoffroy, introduction d'Alain de Libera. Voir un compte rendu sur le site de PARU
- On the Harmony of Religions and Philosophy. Traduction anglaise de Mohammed Jamil-al-Rahman (Internet Medieval Source Book)







Les écrivains arabes: à suivre

voir le chapitre 1








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